Quand j'avais l'âge de ma fille, j'adorais les bébés, les petits et je me précipitais dès qu'il y en avait un dans les parages, dans une assemblée, et j'adorais m'en occuper. J'adorais m'occuper de mes cousines, beaucoup plus jeunes, jouer avec elles, ... Depuis quelques temps, j'ai remarqué que mes nièces aiment aussi jouer ou s'occuper de mes petites cousines, donner le biberon, les promener, ... mais pas ma fille. 

Je me suis interrogée, et ce week-end, lors du repas de famille, j'ai à nouveau constaté la même chose. Et puis je me suis souvenue d'une conversation qu'on avait eue, avec MaGrande, il y a quelques temps, mais qui m'était, je l'avoue, sortie de la tête. A ce moment-là, elle me disait qu'elle était OK pour jouer avec des petits, mais quand il y avait un adulte pas loin. Elle ne voulait pas en avoir la responsabilité. Plus tard dans la discussion, elle m'a dit : "ben oui, tu sais, en Chine, je devais m'occuper des autres petits dans la famille d'accueil. Et s'ils faisaient pipi au lit ou faisaient une bêtise, c'est moi qui étais punie. J'étais privée de maïs, de sortie, ou j'avais une fessée devant tout le monde dans la rue... Alors, je ne veux plus ça. Je veux bien jouer, mais pas surveiller."

Alors, ce lundi, j'ai regardé MaGrande jouer seule ou avec ses cousins aux cartes, sans trop de regard ou d'intérêt pour la petite R., et cette conversation m'est revenue en tête. J'ai posé un regard attendri sur ma fille, et ai finalement apprécié qu'elle vienne avec nous, pour un moment sympa de complicité avec les adultes (pour une fois sans mon velcro, bien occupé à jouer), alors que les petits jouaient et que mes nièces s'occupaient des plus petits. 

Et puis, mardi matin, quand elle est partie, le coeur léger et ravie, pour son voyage scolaire de 4 jours en Angleterre, je  me suis dit : "elle est bien dans ses baskets, elle part sereine, elle sait qu'elle nous retrouvera vendredi soir, sans angoisse, c'est un sacré pas dans son attachement, elle est sécure désormais, mais je ne dois pas oublier que les félures du passé sont toujours là, et qu'il faut rester vigilante".