Quand on entre en adoptie, on sait qu'il va falloir s'armer de patience et d'une sacrée dose de calme pour faire face aux questions, aux rendez-vous préalables, à ceux qui suivront une fois les enfants présents, ... mais bien souvent la réalité dépasse ce qu'on s'était imaginé. 

Quand notre Grande est arrivée, il a fallu souvent serrer les dents face à des remarques désobligeantes, des questions déplacées, surtout quand celles-ci venaient de l'administration ou du corps médical. Et puis, le temps a passé ... et notre Loulou est arrivé. Il a posé les valises de son lourd passé chez nous, pour qu'on l'aide à les porter, à les alléger peu à peu. C'était - c'est notre mission - de parents et nous faisons tout pour la remplir au mieux, pour faire de lui un petit garçon heureux de vivre et sécure. Il y a encore du chemin, mais celui que nous avons parcouru depuis un peu plus d'un an est déjà considérable. 

Alors, quand la vie de famille s'installe, on baisse la garde, on prend du recul... et on se découvre des trésors de zénitude et de philosophie face à certains interlocuteurs. Ce fut le cas la semaine dernière : rendez-vous à l'école avec le médecin scolaire pour la mise en place d'un PAI pour Loulou, pour son asthme. Finalement, cette phase n'aura duré que 15 minutes sur les deux heures d'entretien / consultation ! Alors, que nous sortions déjà de chez l'orthophoniste, que nous étions vendredi, que Loulou était KO, voilà que Mme la doctoresse décide de faire passer une batterie de tests cognitifs à notre Loulou, que je n'avais pas préparé à cela, puisque pas prévu ! Et là, j'ai su rester zen, calme et souriante, même quand elle m'a demandé pourquoi je n'avais pas rempli la ligne concernant la taille et le poids à la naissance, l'accouchement prématuré ou non, l'âge des premiers pas ou de la propreté ... Puis, j'ai souri quand ... alors que depuis une heure, elle voyait que Paul ne parlait pas, à part "Maman", "non", "là", ... elle lui demande de répéter "triangle" ou encore quand elle me dit qu'il souffre de surdité, parce qu'il ne répond pas au test auditif, alors qu'il en avait juste ras-le-bol et s'était refermé dans sa bulle avec aucune intention de se laisser à nouveau perturber par tous ces tests, ou encore même quand elle a voulu vérifier sa vue en le faisant lire ... Finalement, en conclusion, elle me dit : "je vois que vous êtes beaucoup dans la communication avec lui, alors qu'il ne parle pas. Moi, j'ai un fils qui a de gros souci de langage et je ne lui parle pas autant, je ne reformule pas comme vous le faites les questions, les observations. C'est super".

Au final, le temps de mise en place administrative du PAI, mon Loulou est venu sur mes genoux et s'est quasi endormi ! Ma plus grande gêne et mes pensées vont aux deux familles qui attendaient après moi ... elle avait pris des rendez-vous toutes les demi-heures ! Renseignement pris, elle a fait pareil avec les deux suivants ... 

Alors, dans cas cas-là, je m''en amuse ensuite et je lâche du lest, en racontant à mon entourage. Je comprends que ces praticiens ne voient pas des enfants "différents" tous les jours, mais n'est-ce pas là une caractéristique de leur métier ? Ne sont-ils pas censés s'adapter ? 

Zen ....