Mardi-gras, le carnaval. La ville vibrait au rythme d’un charivari inouï. Elle avait eu envie de sortir, pour la première fois depuis longtemps, de sentir, de frémir de tous ces sons, de s’ambiancer de ce tohu-bohu inimaginable… Au détour d’une rue, un hurluberlu l’avait bousculée, lui avait parlé, l’avait saoûlée même de fariboles invraisemblables … un timbré ! Elle étouffait ! Vite ! Fuir ! Ne pas regarder ces gens qui débouchaient de partout, à tire-larigot, comme si toutes les rues devant elle crachaient des hordes d’êtres humains courant en zigzag dans toute la ville ! Courir, elle aussi, rentrer, vite, ouvrir la porte, entrer, refermer derrière elle, et …. Ouf !  Elle allait à nouveau pouvoir respirer, reprendre son souffle.

Loin du tumulte qui enflait de l’autre côté du mur, pour retrouver la paix, elle s’est assise dans un fauteuil, a pris le livre devant elle, l’a senti comme pour mieux s’imprégner de l’atmosphère qu’il exhalait, avant de s’enfoncer dans son fauteuil pour mieux s’enlivrer des mots de son auteur favori. Finalement, elle avait raison, elle n’avait aucunement besoin de sortir pour s’évader !

 

Petit texte écrit dans le cadre de la semaine de la langue française, pour l'opération "dis-moi-dix-mots" de la ville de St Quentin. L'an dernier, mon texte avait été sélectionné, et publié, on verra bien cette année.