C'est le titre d'une émission jeunesse sur la chaîne Gulli, ce que j'ai découvert dans la salle d'attente du service pédiatrique de l'hôpital de St Quentin, ou nous attendions pour le bilan de santé d'arrivée de la puce, dans le cadre de la COCA (Consultation Adoption). Ce titer ne pouvait pas mieux résumer ce que nous venions de vivre quelques minutes plus tôt, au bureau des admissions de l'hôpital ! Je m'explique :

Nous arrivons à l'hôpital, la puce pas super rassurée à l'idée des examens et surtout à la perspective de la piqûre, et moi, rassurante vis-à-vis d'elle autant que je le pouvais, et confiante aussi, puisque nous venions de recevoir l'attestation sécu, avec l'inscription de la puce, et la carte de mutuelle. Nous avions donc les éléments pour la partie administrative ... enfin, c'est ce que je croyais, fort naïvement ! En effet, alors que je salue avec un grand sourire la dame derrière son ordinateur en arrivant, lui tendant ma convocation, l'attestation sécu, l'attestation mutuelle (c'est-à-dire ce qui semblait nécessaire, aux dires de la dame qui nous a reçu très gentiement 15 jours avant), la Dame, sans lever le nez de son clavier, et sans un "bonjour", me dit "il manque le livret de famille". Je lui réponds, après une grande inspiration, et sans me déparer de mon sourire, que je ne l'ai pas, et avant que j'ai eu le temps d'en expliquer la raison, j'entends une voix sous les cheveux, qui sont la seule partie que je vois de cette Dame, qui me dit d'un ton réprobateur "et pourquoi cela ?".

- grande inspiration (et pensée auto-suggestive : "reste zen, ma grande, elle n'a pas forcément un boulot marrant") - ... réponse :  "Même si je l'avais, il ne vous serait pas d'un grand secours, puisque la petite n'est pas dessus". Et là, révélation, la Dame a un visage ...qu'elle lève vers moi : "c'est impossible, Madame, s'il s'agit bien de votre fille !". Je lui explique donc brièvement les méandres administratives par lesquelles nous passons depuis notre retour expliquant que la transcription n'est pas faite et que donc, je ne peux présenter de papiers pour ma fille, soulignant malgré tout que si la CPAM et la Mutuelle l'ont inscrite sur les listes d'assurés, il semble qu'on puisse les croire, compte-tenu des éléments nécessaires à ces inscriptions. Et là, croyant qu'elle avait compris, je me détends... Je n'aurais sans doute pas dû ! La question suivante m'a laissé les bras ballants : "et bien, donnez moi sa carte d'identité alors !".

Comment dire ? J'ai cherché l'espace d'un instant une façon d'expliquer à cette charmante personne que sans livret de famille, en cours de transcription, je ne pouvais pas non plus faire de demande de carte d'identité, mais elle ne m'a guère laissé le temps de réfléchir, et a alors retenti un cinglant "il faut que vous me prouviez que vous êtes sa mère !".  J'ai eu beau lui répondre qu'elle l'avait sous les yeux avec l'attestation sécu, puisque nos noms figurent dessus, tout comme sur les papiers de la mutuelle, rien n'y faisait. La voie étant sans issue, j'ai donc fini par tenter autre chose : "dites-moi, si je venais ici avec ma nièce, de type européen, l'attestation sécu, mutuelle, et la convocation,, sans vous précisier qu'il s'agit de ma nièce et non de ma fille, me demanderiez-vous ces mêmes éléments ? ". Réponse de la Dame, pas gênée le moins du monde par la réponse qui sortit alors de sa bouche : "ah ben là, non, mais ce n'est pas pareil".

J'avoue que le ton de ma voix est un peu monté quand je lui ai demandé si elle se rendait compte de ce qu'elle venait de dire ... ce qui a eu l'avantage d'attirer l'attention de la collègue du guichet d'à côté, qui est venue voir ce qui se passait. La Dame lui raconte que je n'ai pas les papiers de l'enfant, et la collègue me demande depuis quand nous avons la petite, ce à quoi je réponds "5 semaines". Et là, elle me sourit, regarde sa collègue et lui réponds : "tu es encore en train de faire un excès de zèle, comment veux tu que Madame ait les papiers ? On parle d'adoption, on a l'habitude quand même, quand il s'agit de la COCA, il est rare que les parents soient en possession des pièces ! On a déjà la chance que la sécu soit déjà à jour, alors, laisse cette poupette et sa maman partir en consultation et passe à la suite".

Comment dire ? J'avoue avoir eu du mal à ne pas éclater de rire, mais c'eut été mal venu devant cette Dame qui venait de perdre la face devant une patiente, remise en place par une collègue en public ! Je me suis donc contentée de dire merci, et de partir. Dans le couloir, Camille me regarde et me dit, imitant le ton de la Dame : "GnaGnaGna, pas gentille la Dame !"

Une conclusion idéale !

Juste une précision : un coup de chapeau en revanche aux infirmières du service pédiatrique, si gentilles et douces avec ma poupette, rassurante pendant les piqûre, jouant avec les doudous, pour expliquer ce qu'elles allaient faire, parlant de l'école, de sa jolie jupe... de tout ce qui pouvait la distraire pendant les prises de sang et intra-dermo, et à Mme le Dr V., si aimable et dont le sourire et la douceur ont fait du bien à ma puce et ont clotûré cette matinée de façon bien plus aimable qu'elle n'avait commencé.